Dimanche 7 décembre 2008

 Le vent pousse tout sur son passage, mais celui qui ne sait pas où il va, où le vent le portera ?

Vous me voyez là, avec le vent, au bord de cette falaise, mais personne ne saurait dire d’où je viens. Seule certitude : je suis d’ailleurs.

Etrange impression démiurgique : je peux voir les mouettes voler sous moi, les vagues se fracasser sur les rochers et l’écume voltiger en tourbillons, mais si je ferme les yeux, tout s’arrête.

Partout autour de moi : le vide. Le vent apporte quelques sons du monde là-bas, je les perçois encore, mais de loin en loin. Quelque part des gens rient, d’autres discutent politique ou mécanique, cela revient au même.

Le vent me gifle. S’il n’était trop tard, je le remercierais de m’endurcir ainsi. Souvenirs des rafales qui ont secoué ma vie ; elles m’ont donné le sens du rythme et m’ont appris à chanter juste.

Ici, la folie prend vite, les rêves me débordent, je veux m’élancer dans les airs. La liberté, enfin. Là-bas, dans la rue, personne ne me connaît. Je suis un courant d’air. Je passe ma vie à me cacher des services d’immigration. Je suis tellement discret que même mes voisins doutent de mon existence.

Pourtant j’ai parcouru le globe, j’en ai vu des choses partout où le chemin m’a porté. J’en aurais des trucs à dire à tous ceux d’ici, aux opinions arrêtées, arc-boutées sur leur petit champ de savoir, où plus une fleur ne pousse après des années de monoculture.

Là-bas, une fille pleure sur sa solitude. Je saurais peut être la consoler…mais je suis trop haut et le vent trop fou pour savoir d’où viennent ces sons. Déjà la vie d’en bas ne m’intéresse plus. J’ai envie de m’envoler. Plus rien ne me retient. Le vent m'emporte.





Par Infini Turbulent
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Samedi 8 novembre 2008
Seul - différent - inutile - lourd - rare
Seul - infiniment relatif - sombre - illuminé - absolu
Seul - humble - assurément timide - nerveux - vif
Seul - écrasé - recroquevillé - frileux - bondissant - bouillonnant
Seul - fiévreux - tombé - désastreux - profond
Seul - accompagné - reproduit - suivi - imité - incompris
Seul.




Par Infini Turbulent
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Lundi 6 octobre 2008

 

Coquille d’idée laissée parmi les pierres, j’égrène les paroles de ma chanson pour que quelqu’un vienne me recueillir, mais le vent siffle et les emporte.

 

Sur le sable, petit mollusque exténué, je grave ces paroles pour que la terre les garde, mais la mer monte et les embrouille.

 

Sur des affiches géantes, avec des stylos plus grands et plus lourds que moi, je les écris pour que tous puissent les voir, mais le soleil brille trop et les efface.

 

 

 

Par Infini Turbulent
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Mardi 30 septembre 2008

J’écris sur des murs oubliés, sur des feuilles au vent, sur des brouillards imaginaires et après je m’étonne que personne ne me lise.

 

L’envie de connaître le bonheur, c’est déjà le bonheur. Ce n’est même que ça. Après viennent les compromis avec le réel.

 

 « Pourquoi » est toujours le début d’une mauvaise question. Absurdement, hier, un poste de télé a fracassé le pare-brise d’une voiture exactement au moment où je passai à côté. Savoir pourquoi Untel l’avait balancé par sa fenêtre ne m’aurait même pas permis d’ôter les éclats de verre de mon manteau. En revanche, j’ai dû resté une bonne heure à méditer sur cette question : Vu l’angle de chute depuis la fenêtre, vu le calme de la rue à cette heure, vue la poisse phénoménale qui me colle aux pas depuis des mois, et surtout vu que je ne possède pas de télé et que les médias cherchent à tout prix à s’introduire dans nos cerveaux, comment était-il possible que ce poste atterrît sur cette voiture plutôt que sur mon crâne ? On ne parle pas assez des ravages de la télévision : dangereuse et chronophage.


Par Infini Turbulent
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Lundi 8 septembre 2008
Pour plaire aux abeilles, parce que c'est la loi, les plantes se doivent de porter haut fleurs et parfums. Mais qui se soucie des vraies envies des plantes ?
Pourquoi ne pourraient-elles concentrer leur énergie sur l'approfondissement de la connaissance de leur milieu ou sur la fabrication de feuilles ombrelles pour les fourmis ?

Ici m'arrivent seulement quelques bribes volées à des conversations par des bourrasques indiscrètes.
Là-bas, les maisons semblent des coquilles vides. La vie en a jailli puis s'est enfuie. Les murs s'accrochent désespéremment à la côte battue par la mer encore et encore. Il ne saurait être question ici d'autre chose que de résister.

La pluie farine d'écume me colle les cheveux sur le visage. Encore et encore la mer m'enveloppe, m'appelle. Déjà elle me prépare, m'assaisonne.

Par Infini Turbulent
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Dimanche 7 septembre 2008

Des étoiles? Je pris une très large inspiration, comme pour les attirer à moi. Rien ne change, nulle part. Juste le silence absurde du monde et du vide alentour... Puis le vent insolent et bavard le long des falaises.

La vie d'un homme, ça se résume à ça : quelques coups de vents heureux, mais la plupart du temps c'est la bourrasque de face qui vous empêche d'avancer.

Les oyats retiennent les dunes. Aucune unité dans ma vie, qui suis-je? Les réponses fusent multiples. Quelle plante m'aidera à tenir mes mois assemblés?

Par Infini Turbulent
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Mardi 19 août 2008


La nuit frétille autour des lampadaires fatigués.
Je regarde les cigales préparer leur archet.
Le lointain résonne de dérapages sur gravier
Et comme il y a anguille sous roche...ravage dans la marée.

 

Par Infini Turbulent
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Jeudi 26 juin 2008
Même écrasés par toutes les misères du monde, les hommes ont toujours assez d'énergie cachée pour chercher à se relever.
Et la faim qui se déploie,
Et les frustrations qui s'accumulent,
Et les richesses qui fuient,
Et la pauvreté qui devient système
N'y peuvent rien,
Même si l'Afrique peut légitimement se poser des questions sur la bienveillance de Celui qui veille sur son destin.

Poser des questions, c'est résister,
S'arc-bouter contre les règles tacites des dominants,
Poser des questions, c'est risqué;
Les courageux disparaissent.
Ils ont enfermé Mandela,
Tué Lumumba et Sankara,
Malcolm X, Biko et 'Nkrumah...
Or, même morts, ils ne se taisent pas;
Leurs idées dansent et mènent combat.

Une foule affamée s'avance,
Qui vient défier l'indifférence des gens d'ici.
Eux donnent du barbelé à qui demande du pain,
Des camps de rétention à qui fuit la prison,
Des horizons de miradors à qui cherche le salut.
De l'indifférence ou un silence
très pratique?

Ils dénigrent les Grands Hommes du Continent,
Mais la couleur du sang ne s'efface pas.
Leurs idées dansent et mènent combat
Sur la scène de BABEMBA.

BABEMBA est le titre de la nouvelle création de Serge Aimé Coulibaly, dont la générale m'a inspiré ces quelques mots (ainsi que beaucoup d'émerveillements!) et que vous pourrez voir à partir de demain (vendredi 27 juin) et tout au long du mois de juillet au Tarmac de La Villette à Paris.
plus d'infos 



Par Infini Turbulent
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Mardi 10 juin 2008
Fin d'année scolaire et mauvaise organisation : j'ai dû suspendre mon voyage.

Juste pour patienter :
 
Keep it real !

Par Infini Turbulent
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Dimanche 1 juin 2008

4

 

Quand un éthurien aime se mettre en avant, qu’il est plein de discours et de gestes, il est directement nommé Président.

 

Ils sont nombreux avec ce désir secret, mais dans l’ensemble la population est si frileuse qu’elle se trouve déjà de l’audace d’admirer celui qui ose proclamer ses ambitions. Même, les éthuriens ont peur d’être jugés et taisent leur soutien, si bien que le voyageur est étonné quand il assiste à un discours du Président. Une girouette bondit et virevolte sur l’estrade devant un parterre silencieux, qui se surveille du coin de l’œil. Et, malgré la foule impressionnante, malgré l’assentiment général, les envolées lyriques du Président tombent à plat, seulement parfois approuvées par des humhumments discrets.

 

On comprend aisément combien il est facile d’abuser de tels gens. Ainsi, pour être élu, il suffit qu’un présidentiable leur répète à chaque allocution qu’il est pour le changement, que les injustices (imaginez ici un développement « larme à l’œil ») et que les privilèges (là un développement « ratisser large parmi les frustrés ») n’ont que trop duré. Ils sont d’accord. Ils votent pour lui.

 

Bien sûr ensuite il ne fait rien (qui voudrait scier la branche sur laquelle il est assis, fût-elle hiérarchique et généalogiquement consanguine ?), mais il parle du changement. Chez les Ethuriens on répète les choses jusqu’à ce qu’elles paraissent vraies. Pas étonnant que leur gouvernement ne compte que des publicitaires.

 

Par Infini Turbulent
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EMERVEILLEMENTS RECENTS

LIVRES :
2666  de Roberto Bolano, Christian Bourgois

Suttree de Cormac McCarthy, Points Seuil
Vineyard  de Thomas Pynchon , Points Seuil

BD :
Gus, tome 3 - Ernest de Christophe Blain, Dargaud
Le Landais Volant de Nicolas Dumontheuil, Futuropolis

 


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Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche
35 Rhums de Claire Denis
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MUSIQUE :
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