Mots dits à l’oreille d’un caniveau altier qui poursuit, lui, son chemin vaseux :
Parfois les étoiles restent sourdes
à nos plaintes ridiculement petites. Le reste du temps le soleil nous masque leur mépris.
Mots dits à l’oreille d’un caniveau altier qui poursuit, lui, son chemin vaseux :
Parfois les étoiles restent sourdes
à nos plaintes ridiculement petites. Le reste du temps le soleil nous masque leur mépris.
Elle,
Distante qui le hante
Miel et sable
Mimosas dans la neige qui font des yeux aux empreintes
Eclatent entre les doigts du promeneur avide
Poussières d’or que le vent emporte mais dont la sensation reste
Elle danse sur ses idées
Leur imprime son rythme, la joie
Les emmène ici, là-bas
Et le funambule accablé ne sait plus où il est
Ne sait plus où aller
Le fil des mots s’est effacé
Le voilà projeté sur le fil des émotions
Vague instable bouleversée qui l’emporte
Sans contrôle
Combien je me suis retenu d’écrire ! Vous n’imaginez pas les affreux tâtonnements tourmentés dont je vous ai protégés.
Méfiez-vous des rêves ! Même les chimères ont des maris, des vies de famille.
Je déteste la publicité, ses
couleurs criardes, vecteur de la pensée unique et dominante, là pour conditionner tout un chacun en consommateur moyen. Aussi l’apparition d’une
fenêtre de pub sur ce blog pose-t-elle un problème majeur (du nom du doigt que je tends à ces envahisseurs, publicitaires aux goûts de parvenus, chantres de la médiocrité) ! Si cette fenêtre
ne disparaît pas (je veux encore croire qu’il s’agit d’une erreur…), je changerais d’adresse très rapidement. Vous connaissez des sites d’hébergement sans pub ?
Très étrange de se retrouver. Toi, tu n’as pas changée. Tu rougis de la gêne due au silence. Je regarde ailleurs pour ne pas faire peser sur toi des yeux où quoi que je pense personne n’arrive à déchiffrer rien qu’une expression de torpeur bovine.
Je suis enfermé sous mon visage, atteint d’une maladie rare. Si je le pouvais, je t’expliquerais que c’est une paralysie totale des muscles du visage, que mes traits sont bloqués ainsi mais que, au-dessous, bouillonnantes, mille émotions se télescopent, s’emboutissent, s’organisent en réseaux fiévreux et inédits… Aucun mot ne peut sortir de ma gorge. J’ai beau les polir, les tourner en tous sens, me concentrer sur les plus précieux, ceux dont on rêve enfant qu’ils seront des caravelles pour visiter l’univers… ceux que je saurais trouver pour te susurrer à l’oreille l’enchantement du monde, pour te révéler leur pouvoir de miroiter le mystère des microcosmes…Inutile, je ne peux pas parler.
Se rencontrer dans un hall de gare,
après tant d’années ! Tu n’as jamais cherché à prendre de mes nouvelles, sinon tu n’attendrais pas ainsi, à me tourner autour pour que je te parle. Je regarde le tableau des départs pour me
donner une contenance. Je ne sais comment tu l’interprètes mais je sens un mouvement de recul pendant que tu m’observes. A présent je vois de la distance dans tes yeux. Ça a été court. Pendant
quelques temps une multitude de possibles s’est offerte à moi, j’ai pu croire que quelqu’un me voyait vraiment. Toutes les voluptés du monde m’ont envahi et chaque infime parcelle de cet instant
était un ravissement de tous mes sens, avec l’espoir fou de le partager avec toi, parce que tu m’avais connu avant, parce que peut être tu ne t’arrêterais pas à l’apparence…
Dans dix secondes tu vas te réfugier derrière le même regard que les autres. Je ne veux pas, alors, quand j’entends la sonnerie du départ sur un quai
voisin, je me précipite dans le dernier wagon sans ticket et sans me retourner, emportant comme un trésor que décidément je ne saurais partager avec personne la poésie clandestine des
choses.
Si on me présentait mon angoisse écartelée, là, sur une table de dissection, je dirais ne pas la connaître. L’inversion des rôles me plairait tant que je l’abandonnerais volontiers aux soins des Inquisiteurs.
Il n’y a pas de page blanche. Juste du papier en train de se décomposer sur lequel il vaut mieux se dépêcher de tracer quelques signes avant que chacun ne rejoigne la poussière.
L’incuriosité du monde le heurtait au plus haut degré, si bien qu’il ne sortait plus de chez lui non plus.
La maison tremble, un frisson la parcourt jusqu’aux tréfonds de ses fondations, la peur s’est imprimée
aux murs. Il est décidément bien difficile de vivre à l’intérieur de son imagination.
« Traverse les chemins pour ne suivre que ta voie » me conseilla un jour un serpent qu’un
coup de foudre avait raidi au point de l’empêcher de jamais dévier. Aujourd’hui il est marié, a trois enfants et un crédit pour sa maison, qui le rattache comme une laisse à sa niche au bord du
chemin. Que de ratages on laisse en friche au bord du chemin !
"Emotions censurées
J’en ai plein le container
Je m’accroche au cendrier
M’arrange par les maxillaires (…)
Tête brûlée
J’ai plus qu’à m’ouvrir le canadair
N’essayez pas d’m’éteindre
J’m’incendie volontaire.
Volontaire !" Alain Bashung (1947-2009)
Qui dort avec un fauve n’a que faire d’un réveil-matin.
Nuits inquiètes, journées ni moins pâles ni moins longues.
Depuis le bord de la zone, pour écrire le roman de ces temps de crise, j’ai inlassablement espionné des escogriffes survêtus de bariolages publicitaires, véritables atlantes aux piliers des halls
de cités, qui regardent le rien. À longueurs de journées. Fixement. Comme quoi, vivre ou écrire…
En attendant, ils me sont supérieurs : ils sont là alors que je me cache.
La bêtise n’est qu’une forme de l’insensibilité générale.
Je deviens paresseux. Même le lever de paupières m’est difficile. Il faut dire que celui qui m’a collé deux décennies d’insomnies sous les yeux ne m’a pas aidé. On n’est jamais généreux avec soi, sauf pour se mettre des bâtons dans les roues.
Une soirée chez des jeunes adultes rebelles. Cheveux dressés, nuques rasées, maquillages sombres, tous les piercings sont de sortie et des tatouages débordent de chaque vêtement…impressionnant de voir comme la révolte est uniforme ! Au moins ceux-là ne retournent pas à la religion. La peur de la liberté s’est répandue.
LIVRES :
2666 de Roberto Bolano, Christian Bourgois
Suttree de Cormac McCarthy, Points Seuil
Vineyard de Thomas Pynchon , Points Seuil
BD :
Gus, tome 3 - Ernest de Christophe Blain, Dargaud
Le Landais Volant de Nicolas Dumontheuil, Futuropolis
FILMS :
Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche
35 Rhums de Claire Denis
Un Prophète de
Jacques Audiard
MUSIQUE :
The Spirit of Apollo - N.A.S.A.
Music For Men - THE GOSSIP
NOUVEAU !!!
Visitez la page sur QUAND J'ETAIS REVOLUTIONNAIRE cliquez ici
Texte de Serge Aimé COULIBALY et Renaud ANTAL
Spectacle de la Compagnie Faso Danse Théâtre en tournée en ce moment !
plus d'infos
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