Mardi 26 mai 2009

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Combien je me suis retenu d’écrire ! Vous n’imaginez pas les affreux tâtonnements tourmentés dont je vous ai protégés.

 

Méfiez-vous des rêves ! Même les chimères ont des maris, des vies de famille.

 

Je déteste la publicité, ses couleurs criardes, vecteur de la pensée unique et dominante, là pour conditionner tout un chacun en consommateur moyen. Aussi l’apparition d’une fenêtre de pub sur ce blog pose-t-elle un problème majeur (du nom du doigt que je tends à ces envahisseurs, publicitaires aux goûts de parvenus, chantres de la médiocrité) ! Si cette fenêtre ne disparaît pas (je veux encore croire qu’il s’agit d’une erreur…), je changerais d’adresse très rapidement. Vous connaissez des sites d’hébergement sans pub ?

Par Infini Turbulent
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Samedi 4 avril 2009

Très étrange de se retrouver. Toi, tu n’as pas changée. Tu rougis de la gêne due au silence. Je regarde ailleurs pour ne pas faire peser sur toi des yeux où quoi que je pense personne n’arrive à déchiffrer rien qu’une expression de torpeur bovine.

 

Je suis enfermé sous mon visage, atteint d’une maladie rare. Si je le pouvais, je t’expliquerais que c’est une paralysie totale des muscles du visage, que mes traits sont bloqués ainsi mais que, au-dessous, bouillonnantes, mille émotions se télescopent, s’emboutissent, s’organisent en réseaux fiévreux et inédits… Aucun mot ne peut sortir de ma gorge. J’ai beau les polir, les tourner en tous sens, me concentrer sur les plus précieux, ceux dont on rêve enfant qu’ils seront des caravelles pour visiter l’univers… ceux que je saurais trouver pour te susurrer à l’oreille l’enchantement du monde, pour te révéler leur pouvoir de miroiter le mystère des microcosmes…Inutile, je ne peux pas parler.

 

Se rencontrer dans un hall de gare, après tant d’années ! Tu n’as jamais cherché à prendre de mes nouvelles, sinon tu n’attendrais pas ainsi, à me tourner autour pour que je te parle. Je regarde le tableau des départs pour me donner une contenance. Je ne sais comment tu l’interprètes mais je sens un mouvement de recul pendant que tu m’observes. A présent je vois de la distance dans tes yeux. Ça a été court. Pendant quelques temps une multitude de possibles s’est offerte à moi, j’ai pu croire que quelqu’un me voyait vraiment. Toutes les voluptés du monde m’ont envahi et chaque infime parcelle de cet instant était un ravissement de tous mes sens, avec l’espoir fou de le partager avec toi, parce que tu m’avais connu avant, parce que peut être tu ne t’arrêterais pas à l’apparence…   Dans dix secondes tu vas te réfugier derrière la pitié bien-pensante, tu auras le même regard que les autres. Je ne veux pas te voir devenir comme les autres alors, quand j’entends la sonnerie du départ sur un quai voisin, je me précipite dans le dernier wagon sans ticket et sans me retourner, emportant comme un trésor que décidément je ne saurais partager avec personne la poésie clandestine des choses.


 

Par Infini Turbulent
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Lundi 30 mars 2009

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Si on me présentait mon angoisse écartelée, là, sur une table de dissection, je dirais ne pas la connaître. L’inversion des rôles me plairait tant que je l’abandonnerais volontiers aux soins des Inquisiteurs.

 

Il n’y a pas de page blanche. Juste du papier en train de se décomposer sur lequel il vaut mieux se dépêcher de tracer quelques  signes avant que chacun ne rejoigne la poussière.

 

L’incuriosité du monde le heurtait au plus haut degré, si bien qu’il ne sortait plus de chez lui non plus.

 

Par Infini Turbulent
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Dimanche 15 mars 2009

3


La maison tremble, un frisson la parcourt jusqu’aux tréfonds de ses fondations, la peur s’est imprimée aux murs. Il est décidément bien difficile de vivre à l’intérieur de son imagination.

 

« Traverse les chemins pour ne suivre que ta voie » me conseilla un jour un serpent qu’un coup de foudre avait raidi au point de l’empêcher de jamais dévier. Aujourd’hui il est marié, a trois enfants et un crédit pour sa maison, qui le rattache comme une laisse à sa niche au bord du chemin. Que de ratages on laisse en friche au bord du chemin !

 

"Emotions censurées

J’en ai plein le container

Je m’accroche au cendrier

M’arrange par les maxillaires (…)

Tête brûlée

J’ai plus qu’à m’ouvrir le canadair

N’essayez pas d’m’éteindre

J’m’incendie volontaire. Volontaire !"           Alain Bashung (1947-2009)

 

 

Par Infini Turbulent
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Samedi 14 mars 2009

2

Qui dort avec un fauve n’a que faire d’un réveil-matin.

Nuits inquiètes, journées ni moins pâles ni moins longues.

Depuis le bord de la zone, pour écrire le roman de ces temps de crise, j’ai inlassablement espionné des escogriffes survêtus de bariolages publicitaires, véritables atlantes aux piliers des halls de cités, qui regardent le rien. À longueurs de journées. Fixement. Comme quoi, vivre ou écrire…
En attendant, ils me sont supérieurs : ils sont là alors que je me cache.


Par Infini Turbulent
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Samedi 7 février 2009

Celui qui s'émerveille en voyant quelques surfaces irisées doit se méfier : le tout n'est qu'une grosse flaque huileuse.

Pourquoi parfois les mots s'arrêtent-ils? Passée une certaine douleur, l'ineffable entre en jeu et subtilise toutes les ressources.

Losque la vie devient nuit, j'en projette un peu sur ma feuille pour essayer de l'éclaircir.

Pensées simplistes en forme de maximes pour se donner l'illusion que le contenu est enfin saisi dans la fulgurance de l'instant. La fuite encore...
La fuite des pensées, l'une chasse l'autre, et on se masque la cruauté qui paraîtrait si pour une fois on allait jusqu'au bout.
Pensées d'un inadapté qui cherche à atteindre le bout sans heurts.


Par Infini Turbulent
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Mardi 13 janvier 2009

1


La bêtise n’est qu’une forme de l’insensibilité générale.

 

Je deviens paresseux. Même le lever de paupières m’est difficile. Il faut dire que celui qui m’a collé deux décennies d’insomnies sous les yeux ne m’a pas aidé. On n’est jamais généreux avec soi, sauf pour se mettre des bâtons dans les roues.

 

Une soirée chez des jeunes adultes rebelles. Cheveux dressés, nuques rasées, maquillages sombres, tous les piercings sont de sortie et des tatouages débordent de chaque vêtement…impressionnant de voir comme la révolte est uniforme ! Au moins ceux-là ne retournent pas à la religion. La peur de la liberté s’est répandue. 

 

 

Par Infini Turbulent
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Dimanche 7 décembre 2008

 Le vent pousse tout sur son passage, mais celui qui ne sait pas où il va, où le vent le portera ?

Vous me voyez là, avec le vent, au bord de cette falaise, mais personne ne saurait dire d’où je viens. Seule certitude : je suis d’ailleurs.

Etrange impression démiurgique : je peux voir les mouettes voler sous moi, les vagues se fracasser sur les rochers et l’écume voltiger en tourbillons, mais si je ferme les yeux, tout s’arrête.

Partout autour de moi : le vide. Le vent apporte quelques sons du monde là-bas, je les perçois encore, mais de loin en loin. Quelque part des gens rient, d’autres discutent politique ou mécanique, cela revient au même.

Le vent me gifle. S’il n’était trop tard, je le remercierais de m’endurcir ainsi. Souvenirs des rafales qui ont secoué ma vie ; elles m’ont donné le sens du rythme et m’ont appris à chanter juste.

Ici, la folie prend vite, les rêves me débordent, je veux m’élancer dans les airs. La liberté, enfin. Là-bas, dans la rue, personne ne me connaît. Je suis un courant d’air. Je passe ma vie à me cacher des services d’immigration. Je suis tellement discret que même mes voisins doutent de mon existence.

Pourtant j’ai parcouru le globe, j’en ai vu des choses partout où le chemin m’a porté. J’en aurais des trucs à dire à tous ceux d’ici, aux opinions arrêtées, arc-boutées sur leur petit champ de savoir, où plus une fleur ne pousse après des années de monoculture.

Là-bas, une fille pleure sur sa solitude. Je saurais peut être la consoler…mais je suis trop haut et le vent trop fou pour savoir d’où viennent ces sons. Déjà la vie d’en bas ne m’intéresse plus. J’ai envie de m’envoler. Plus rien ne me retient. Le vent m'emporte.





Par Infini Turbulent
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Samedi 8 novembre 2008
Seul - différent - inutile - lourd - rare
Seul - infiniment relatif - sombre - illuminé - absolu
Seul - humble - assurément timide - nerveux - vif
Seul - écrasé - recroquevillé - frileux - bondissant - bouillonnant
Seul - fiévreux - tombé - désastreux - profond
Seul - accompagné - reproduit - suivi - imité - incompris
Seul.




Par Infini Turbulent
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Lundi 6 octobre 2008

 

Coquille d’idée laissée parmi les pierres, j’égrène les paroles de ma chanson pour que quelqu’un vienne me recueillir, mais le vent siffle et les emporte.

 

Sur le sable, petit mollusque exténué, je grave ces paroles pour que la terre les garde, mais la mer monte et les embrouille.

 

Sur des affiches géantes, avec des stylos plus grands et plus lourds que moi, je les écris pour que tous puissent les voir, mais le soleil brille trop et les efface.

 

 

 

Par Infini Turbulent
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Présentation

EMERVEILLEMENTS RECENTS

LIVRES :
2666  de Roberto Bolano, Christian Bourgois

Méridien de sang  de Cormac McCarthy, Points Seuil
Une Partie du Tout  de Steve Toltz, Belfond

BD :
Gus, tome 3 - Ernest de Christophe Blain, Dargaud
Big Foot (intégrale) de Nicolas Dumontheuil, Futuropolis
Soldat inconnu: Crevaisons de Larcenet et Casanave, Dargaud 


FILMS :
Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche
35 Rhums de Claire Denis
Khamsa de Karim Dridi


MUSIQUE :
The Spirit of Apollo - N.A.S.A. (Excellent! Avec des featurings improbables: Tom Waits, Method Man, Sizzla, David Byrne, RZA, Seu Jorge...)
From the Corner To The Block - GALACTIC
Same Old Story - CAPLETON

Théâtre

NOUVEAU !!!

Visitez la page sur QUAND J'ETAIS REVOLUTIONNAIRE cliquez ici
Texte de Serge Aimé COULIBALY et Renaud ANTAL
Spectacle de la Compagnie Faso Danse Théâtre en tournée en ce moment !

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